Pour les familles à l’épreuve du pénal

Accueil > Ton parent est en prison ? > La prison c’est quoi ? > Daphné raconte son histoire

Je m’appelle Daphné et j’ai 14 ans. Je vais vous raconter mon histoire* :

Lorsque j’avais 10 ans, mon papa, Guillaume, a été arrêté par la police. Au moment de l’arrestation, je jouais tranquillement dans ma chambre quand quelqu’un a sonné à la porte. C’était des policiers. J’avais peur et je ne savais pas pourquoi ces policiers étaient là. Ils ont menotté papa et ont expliqué à maman que papa avait commis une infraction. Moi je ne savais pas ce que voulait dire ce mot et maman m’a expliqué par la suite que papa avait fait quelque chose qu’il n’avait pas le droit de faire et que c’est pour cette raison qu’il a été arrêté par les policiers.

J’ai dit à maman que j’avais envie de voir papa mais maman m’a répondu que pour le moment on n’avait pas le droit d’aller le voir. Et il n’avait pas le droit de nous appeler. J’étais très triste, je voulais voir papa parce qu’il me manquait terriblement. Maman m’a dit qu’il était dans une maison où il n’avait pas le droit de sortir. Je me suis dit que cette maison était peut-être une prison. J’ai donc demandé à maman si c’était le cas, elle a pu me dire que c’était exact. Alors à ce moment là je me suis demandée…Qu’est-ce que mon papa avait fait ? Etait-il un criminel ? Avait-il tué quelqu’un ? Où dormait-il ? Avait-il une chambre ? Toutes ces questions trottaient dans ma tête… j’avais beaucoup de peine à me concentrer à l’école.

Quelques jours plus tard un monsieur est venu voir maman, c’était l’avocat de papa. Il a dit que diverses audiences auraient lieux ces prochains jours et que sois papa serait acquitté soit condamné à une peine. Tous ces mots étaient d’un compliqué. Moi je ne comprenais vraiment rien… et ça me mettait en colère… mais heureusement maman prenait toujours le temps de m’expliquer les choses. Ça me rassurait.

Je voulais et j’espérais que toute cette histoire ne soit pas réelle, que papa soit innocent, qu’on le laisse sortir de prison et qu’il vienne me prendre dans les bras…
Malheureusement j’ai attendu 4 mois avant de pouvoir voir mon papa. Je me rappelle que la première fois que je suis allée le voir en visite, j’avais peur et en même temps j’étais contente. C’était trop bizarre…

Ce jour-là lorsque je suis arrivée devant la prison avec maman, il y avait une immense porte qui faisait au moins 3 mètres de haut. C’était impressionnant, maman a appuyé sur un gros bouton qui s’appelle un interphone et quelqu’un a parlé. Maman a alors dit nos noms et nous avons pu rentrer dans la prison. Ensuite nous sommes rentrées dans une salle et là il y avait une femme en uniforme derrière une vitre. J’ai demandé à maman qui était cette dame et qu’est-ce que c’était cette salle, elle m’a dit que c’était une agente de détention et qu’on était dans le sas d’entrée de la prison. Elle avait l’air gentille, mais avec son uniforme ça faisait un peu trop sérieux. Maman a donné à cette dame nos pièces d’identité que la dame a rangé dans une étagère. La dame m’a expliqué que je devais vider mes poches et passer sous un truc bizarre un peu comme quand on prend l’avion. J’ai demandé pourquoi on devait passer sous cette machine et elle m’a dit que certains objets non pas le droit de rentrer dans la prison comme par exemple les natels. Moi je voulais montrer des photos à papa avec mon natel, mais la dame m’a dit que ce n’était pas possible. Par contre, pour la prochaine visite elle m’a proposé d’amener des photos en format papier. J’étais un peu déçue de ne pas pouvoir montrer ces photos…
D’autres gens sont arrivés dans cette salle, c’était des visiteurs comme maman et moi, je me demande si eux aussi venaient voir leur papa.

Lorsque je suis passée sous la machine j’étais un peu nerveuse, maman m’a rassurée en me disant que si ça sonnait ce n’est pas grave. Heureusement je n’ai pas sonné, mais maman oui alors elle a dû enlever ses chaussures.

Après être passées sous le détecteur, nous avons pu aller dans une salle de visite appelée aussi un parloir. Papa était dans la salle assis à une table, il y avait pleins d’autres messieurs assis à d’autres tables. J’ai couru très vite vers papa pour lui faire un gros câlin et là papa a commencé à pleurer… moi aussi d’ailleurs… j’étais tellement contente de le retrouver enfin après plusieurs mois sans se voir. Je pense que lui aussi était content. Il m’a fait pleins de bisous et ça m’a fait chaud au coeur. Papa m’a expliqué qu’il dormait dans une chambre avec un autre monsieur et que sa chambre s’appelait une cellule. Il m’a dit aussi que les messieurs qui se trouvent en prison comme lui on les appelle des détenus et qu’ils ne sont pas tous méchants.

Je sais que papa adore manger du chocolat alors je lui ai demandé s’il pouvait en manger en prison. Il m’a répondu que oui, il peut commander des choses à la cantine, ça me rassure. Il m’a aussi expliqué qu’il peut recevoir des colis avec des choses qu’on peut lui envoyer. C’est ce que je vais faire en rentrant à la maison, lui envoyer tout plein de chocolat. Après cette discussion avec papa, maman et lui ont commencé à parler de choses d’adultes et moi j’ai pu faire des coloriages. J’ai entendu des mots comme condamnation, jugement, peine. Ce sont des mots inconnus mais maman a pu ensuite m’expliquer ces mots à la maison. Lorsqu’on a dû partir, c’était très dur parce que je n’avais pas envie de quitter mon papa. Je lui ai dit de venir avec nous parce qu’il me manque beaucoup, mais papa m’a répondu que malheureusement il n’avait pas le droit de sortir de prison. J’ai commencé à pleurer et lui ai demandé pourquoi. Il m’a pris dans ses bras et m’a expliqué qu’il avait fait quelque chose qu’il n’avait pas le droit de faire et que s’est le juge qui décide de quand papa pourra sortir de prison. Il m’a dit qu’il ne fallait pas que je me fasse du soucis car maman était là pour moi et que papa même s’il était pas là à la maison il pensait beaucoup à moi et qu’il m’aimait beaucoup.

Nous sommes rentrées à la maison…

… FIN

* Cette histoire est inspirée de faits réels, mais est toutefois une fiction.